Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 15:32

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Vingt-sept ans. C'est long comme carrière. Pas évident après tout ce temps de maintenir le niveau. Y'a pas à chercher bien loin pour trouver des groupes à bout de souffle recyclant leurs vieux hits en espérant que la supercherie passera inaperçue. Les Flaming Lips n'ont jamais été une formation comme les autres, et pour eux, il semble que le temps n'existe pas. Après avoir chevauché des bulles et poussé l'expérimentation musicale jusqu'au seuil de la raison, ils ont enfin trouvé l'équilibre qui leur avait souvent fait défaut par le passé. Ainsi, ils nous délivrent un "Embryonic" monumental qui raisonne d'emblée comme un chef d'œuvre hors d'âge taillé dans les étoiles.

Fruit de longues séances de jam, l'album brille par son unité et son énergie monolithique. Si le fond reste le même, psychédélisme haute tension et transe interstellaire, la forme se fait plus aride et davantage clinique. Dans une froideur métallique, ils explorent divers univers, nous saisissant la main pour un voyage hors du monde dans un décor rétro futuriste avec le noir de l'infini pour tout horizon. Parce que ça a toujours été ça les Flaming Lips finalement… un voyage.

"Convinced of the Hex" démarre, comme un vaisseau spatial au décollage, histoire de bien planter l'atmosphère. La basse arrive et on est déjà libéré de la gravité. Une basse qui sera le fil conducteur de cette saga galactique. Autour d'elle, une sourde hystérie se déploie, avec pour maître d'arme un Wayne Coyne déguisé en messie humanoïde. Les différentes plages s'enchaînent comme autant de nébuleuses. Plus on avance, plus on se perd.

Si la sublime "Evil", dans un calme annonciateur d'orage, nous propose de retourner sagement sur nos pas, la curiosité aura raison de notre bon sens… Le déluge aura finalement lieu lors d' "Aquarius Sabotage", déréglant nos transmissions et nous plongeant dans l'inconnu.  L'expédition se poursuivra à la vitesse d'une comète. "See the Leaves", "If", "Gemini Syringes", "Your Bats"… On retiendra son souffle pour "Powerless" parce qu'on n'aura pas d'autre choix. Alors qu'on évolue dans un climat austère, pas un instant on ne souhaite que les choses s'arrêtent. La force des Lips à captiver l'attention atteint ici son paroxysme et si ça ne suffisait pas, ils vont jusqu'à nous faire le coup de "I Can Be a Frog" auquel rien ni personne ne peut résister.

Il n'est pas si évident de qualifier ce qu'on entend, même si l'on peut souvent penser à Pink Floyd. "Embryonic" ne dit jamais vraiment qui il est, ce qui peut agacer ceux qui n'ont pas beaucoup d'imagination. Au-delà de la douleur et des bizarreries se cache un monstre mécanique qui effraie autant qu'il séduit. Surtout, notre subconscient se trouve stimulé  comme seul la bonne musique peut le faire. "The Impulse" par exemple, se révèle totalement déconcertante dans son grossier costume d'apparat. Wayne Coyne vocodérisé chante un blues par trois fois millénaire au milieu des carcasses de robots, dans l'hiver nucléaire, alors que les rats ont déserté la planète. L'enchaînement "Silver Trembling Hands" / "Virgo Self-Esteem Broadcast" apparait plus angoissant. Les Lips créent une trame hypnotique et oppressante qui peut paraître insupportable aux non-initiés mais qui trouve sa vocation en clôture de chapitre juste à temps pour céder la place à "Watching the Planet". Aucune réponse ne sera donnée. Juste un dernier roulement de bassin avant la solitude, le manque, et le froid. L'envie d'y retourner se fait dès lors pressante, parce que l'on sait qu'on n'a pas encore tout vu et qu'"Embryonic" n'est pas un album qui s'explore facilement. La fascination n'ira qu'en grandissant, comme la certitude d'avoir là un grand album.

Beaucoup resteront sur le bord de la route. Juste la durée de l'aventure a de quoi rebuter. Le son également n'est pas des plus confortables. C'est un disque qui demande des efforts d'immersion et beaucoup d'écoutes. Il y a un prix à payer pour goûter aux merveilles dont il regorge. Malheureusement pour certains, ça ne se compte ni en dollars ni en euros, comme tout ce qui a de la valeur. Et tous les blasés du monde n'y pourront rien. Il y a encore des œuvres magiques et des groupes visionnaires. "Embryonic", the Flaming Lips.

 

Par Max - Publié dans : Albums
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 21:49

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Si la réputation du Texas en matière de rock n’est plus à faire, on a souvent tendance à oublier qu’il offre également quelques uns des meilleurs groupes "pop" du moment. On pense souvent à Midlake, mais désormais il faudra compter avec Brazos, un trio de jeunes gars trop maigres originaires d’Austin.

En occultant l’aspect "retour à la terre" toujours un peu crétin, cette première galette s’avère pour le moins prometteuse. Les amateurs de mélodies minimalistes et d’atmosphère verte seront comblés. Entre ciel et terre, la musique de Brazos invite à la rêverie hallucinée dans un climat doux-amer forcément naïf. Pop, on l’a dit, mais aussi folk, va sans dire, plus un côté insulaire qui n’est pas sans rappeler le spleen de Kings of Convenience. Que ce soit en électrique ou en acoustique, le discours reste le même. Quitter son corps l’espace d’une chanson.

On pense à Tim Smith quelque fois, au niveau du chant, et à White Denim, souvent, quand ceux-là calment le jeu le temps d’un "Paint Yourself". On constate la facilité avec laquelle ils arrivent à transcender leurs bluettes en échappant au piège de la mélancolie pompeuse et du refrain trop évident. Légèreté n’est pas toujours synonyme de vacuité. "Phosphorescent Blues" en est une preuve.

Péché de jeunesse. Sûrement. Il leur manque encore une certaine force de frappe pour définitivement convaincre l’auditeur. La faute à une certaine timidité dans les arrangements. Pourtant, des titres comme "Avignon" ou "Day Glo" laissent entrevoir un futur spectaculaire.

Si la hype daigne les laisser grandir tranquillement, le rendez-vous est pris pour un deuxième album que l’on imagine déjà magnifique.

Par Max - Publié dans : Albums
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 21:31


Quatorze ans après leur dernier album studio, Alice in Chains revient à la charge avec le bien nommé "Black Gives Way to Blue". Entre temps, le monde s'est écroulé, et surtout, Layne Staley est mort.
Plus qu'un simple chanteur, il incarnait davantage que quiconque les ténèbres dans lesquelles naviguait le groupe, avec une aura christique et un magnétisme élégiaque. Pourtant, les vieux chiens, même sur trois pattes, sont toujours capables de mordre. Ainsi la prophétie du Tripod s'est réalisée, non sans amertume.
En écoutant ce nouvel opus, on imagine sans peine ce qu'il aurait pu être si Layne Staley était toujours en vie. Dès l'intro de "All Secrets Known", on reconnaît sans effort le touché unique de Jerry Cantrell, et c'est presque sans y penser que l'on s'attend à entendre cette voix si particulière, tranchante comme un rasoir et aussi insaisissable qu'une bête sauvage. Elle reviendra, comme ça, hanter le disque sur chacune des pistes… comme une mise en abîme de ce qui a été, et de ce qui aurait pu être.
Il serait toutefois injuste de s'arrêter à ce sentiment morose car cette nouvelle galette mérite que l'on s'y attarde pour ce qu'elle est, quitte à envoyer nos regrets se faire foutre.
Dans un premier temps, on constate que les années n'ont eu aucune prise sur les trois survivants d'Alice in Chains. Le songwriting de Cantrell est toujours ce qui se fait de mieux en matière de musique Heavy. Son sens inné de la mélodie n'a d'égal que son style inimitable à la six cordes. Le type capable de peindre la chute de Rome dans un solo d'une minute, sans qu'à aucun moment il ne tombe dans les mêmes putain de travers que les divers "guitar heroes" sévissant dans le Metal. Mike Inez reste un monstre de bassiste et Sean Kinney n'a jamais été aussi bon… ce qui n'est pas peu dire. La présence de William Duvall est quant à elle plus anecdotique. S'il n'enlève rien à l'univers d'Alice in Chains, on ne peut pas dire qu'il apporte grand-chose, Cantrell étant le lead vocal sur la plupart des titres.
Le seul reproche que l'on pourrait éventuellement faire à ce nouvel album serait l'absence de prise de risque concernant l'écriture et l'atmosphère qui s'en dégage. "Private Hell" n'aurait pas dénotée dans "Dirt" ou le "Tripod" de même que "Your Decision" nous renvoie direct à "Jar of Flies". Faut dire que sortir un disque sous ce nom, sans Layne Staley est déjà une sacrée prise de risque en soi. C'est du Alice in Chains pur jus, donc forcément, on pourra écouter cet album cent fois et découvrir encore des nouvelles choses auxquelles nous n'avions pas prêté attention jusqu'alors. Passé le cap de la découverte, et celui de l'acceptation que ce groupe est bel et bien de retour [sans Layne Staley], on ne peut que s'incliner. On se retrouve malmené par ces riffs énormes que l'on croyait oubliés. On se rend compte du temps qui a passé. On se replonge avec avidité dans cette mélancolie terrifiante, avec dans l'esprit des images de notre jeunesse qui nous assaillent de toute part. De l'hymne pour headbangers "Check My Brain" à l'envoûtante "When The Sun Rose Again", le groupe se montre encore capable du meilleur, voire plus, sur "Private Hell" par exemple (le meilleur titre de l'album à mon humble avis).
Alice in Chains a toujours eu une place à part dans mon panthéon perso. Je me rappelle avec précision du jour et du moment où j'ai acheté leur dernier album, le Tripod. Je me souviens l'avoir détesté à la première écoute avant de le vénérer au point d'en faire mon album préféré. J'étais fasciné par leur aptitude à naviguer en eaux troubles, en passant d'un genre à un autre sans que jamais ils n'oublient de pondre LA chanson qui tue. Aujourd'hui, même amputés de leur voix, ils arrivent à tenir la barre avec style et pertinence. Et ce "Black Gives Way to Blue" s'avère être un album réellement superbe.
Est-ce que cela suffit à maintenir les regrets au loin ? Non, bien sûr que non… Jamais. Cependant, si la pilule ne passe pas à notre niveau, il est évident que la plaie est encore ouverte pour le groupe. Pour preuve, le titre éponyme qui clôt l'album… un pur moment d'émotion où Cantrell dit adieu à son meilleur ami comme pour mieux tourner la page. Si cette volonté est là, le reste de l'album prouve que le fantôme de Staley sera pourtant toujours présent. Dès lors, les choses seront différentes. Un peu moins belles et carrément moins magiques… mais qu'est-ce qu'on peut y faire ? Agir comme s'il ne s'était rien passé et avancer la bouche en cœur ? Même eux n'y arrivent pas… C'est l'histoire d'un destin qui ne s'accomplira jamais. Une tragédie qui a de beaux restes… mais une tragédie quand même.


Par Max - Publié dans : Albums
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /2009 22:31


Troisième album des Soulsavers, "Broken" arrive dans les bacs précédé de la réputation flatteuse de son prédécesseur, "It's Not How Far You Fall, It's the Way You Land". Encore une fois, on retrouve Lanegan au chant. A ses côté, plusieurs invités prestigieux font leur apparition comme Mike Patton, Gibby Haynes, Jason Pierce, et c'est toute l'identité du groupe qui s'en trouve modifiée.
Les premières écoutes ont été pour le moins laborieuses. Le changement de ton et la production grinçaient péniblement à mes oreilles, jusqu'à ce que je vois la lumière.
Une fois l'instrumental d'ouverture passé, "Death Bell" nous saute à la gorge avec une puissance qu'on ne soupçonnais pas chez les Soulsavers. La basse de Martyn Lenoble (Thelonious Monster, Porno for Pyros, Jane's Addiction… un gars bien) annonce une couleur plus soutenue, et bien qu'on ne sache pas trop où vont les guitares, on se surprend à foncer tête baissée dans ce brûlot diabolique. "Unbalanced Pieces" voit débarquer Mike Patton en soutien de Lanegan, et si l'on retrouve le côté gospel de "It's Not How Far You Fall, It's the Way You Land", on reste toujours sous la surprise de la place donnée à la basse. Il faut attendre l'arrivée de "You Will Miss Me When I Burn" (Une reprise de Will Oldham) pour retrouver le caractère contemplatif et sirupeux des Soulsavers. Elle n'est pas franchement mauvaise, mais elle est quand même relativement chiante… comme tout ce qu'a pu faire Will Oldham.
"Some Misunderstanding" est déjà plus intéressante. Il s'agit encore d'une reprise, de Gene Clark cette fois-ci. Pendant huit minutes, elle nous transporte entre ciel et terre au cœur de la poussière du Kansas (ou d'ailleurs... je dis ça comme ça). C'est certainement un des morceaux les plus épiques chanté par Mark Lanegan. Dommage que le solo de guitare soit quelque peu irritant, on aurait pu avoir là un authentique chef d'œuvre. Je ne précise pas que la voix de Lanegan y est merveilleuse encore une fois, tout le monde s'en doute. "All The Way Down" s'inscrit d'ailleurs totalement dans ce que peut faire le gars dans ses disques solo. Idem en ce qui concerne "Shadows Fall", "Can't Catch The Train" et "Pharaoh's Chariot". On a là largement de quoi nourrir des regrets quant à la sortie hypothétique d'un prochain opus solo lorsque l'on voit la qualité de ces titres. Lanegan se montre toujours aussi sombre et magnétique. Les mélodies sont d'une beauté de cristal à couper le souffle et pas de doute qu'elles nous tiendront chaud cet hiver.
La fin du disque nous apportera son lot de surprises avec la très "trip-hop" "Rolling Sky" chantée en duo avec une chanteuse australienne répondant au pseudo de Red Ghost. On passera sur la reprise ratée de "Praying Ground" de Lanegan par cette Red Ghost, c'est trop douloureux. Elle se rattrapera sur le morceau qui clôt le disque, "By My Side", et on ne lui en voudra pas trop.
Sur certaines versions du disque, on trouve en bonus une reprise de "Sunrise" (de Lanegan, par Will Oldham) et une de "Highway Kind" de Townes Van Zandt. Au sujet de cette dernière, y'a vraiment de quoi s'arracher les cheveux tant elle manque au tracklist original. C'est tout simplement le meilleur titre des Soulsavers. Toute la sensibilité de Lanegan explose dans une brume soyeuse, et toute la tristesse du monde pleut sur ses larmes dans un dernier vertige. Epoustouflant.
Clairement, les Soulsavers ont réussi leur coup. "Broken" surpasse largement son prédécesseur. Il est plus profond, mieux écrit, plus équilibré et mieux pensé. Les cordes apparaissent sublimes et les quelques incursions de cuivres sont du meilleur goût. Comme d'habitude, Lanegan est au top, et l'ensemble respire une classe indéniable.
Pourtant des questions se posent. Pourquoi tant de reprises ? Pourquoi Lanegan ne garde t-il pas des chansons comme "Shadows Fall" pour un album solo ? Et surtout, que seraient les Soulsavers sans Lanegan ?
Le temps nous le dira, mais on est en droit d'être impatient. Après un album tel que "Broken", l'attente d'un nouvel opus solo de Lanegan devient de plus en plus insupportable… enfin bon…When shadows fall from above… Stay close to me my love.


Par Max - Publié dans : Albums
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /2009 19:03


Les Pissed Jeans sont de retour, plus méchants et plus viandards que jamais. Leur nouvel album "King of Jeans" sur la platine, on est parti pour un rodéo sanglant… protégez les femmes, les enfants, et les fans des Fleet Foxes.
Après avoir relu la chronique que j'avais écrite à propos de leur précédent opus, "Hope for Men", j'ai le plaisir de constater que les Pissed Jeans ont comblé leurs (quelques) lacunes. Ainsi, leur nouveau visage s'avère on-ne-peut-plus séduisant, malgré le rictus.
En fait, ce n'est même pas que ce nouvel album soit séduisant, c'est plutôt qu'il est complètement jubilatoire. De "False Jesii Part Two" à "Goodbye (Hair)", on est baladé dans un tunnel dénué de lumière. L'atmosphère y est insoutenable, sombre, menaçante et agressive. S'il n'ont jamais été réputés pour leur finesse, les Pissed Jeans font toutefois preuve, ici, d'une violence et d'une malveillance rare. Et je veux évidemment parler d'une violence "véritable", presque palpable. Ils donnent l'impression de n'avoir rien calculé, rien prémédité, et nous dégueulent comme ça leur haine, leur colère et leur frustration, sans que cela ne sonne téléphoné, joué ou feint.
On découvre donc un disque lourd et tendu, pétrifié dans un nihilisme urbain. La basse est omniprésente telle la peur de la mort. La guitare s'insinue dans notre moelle comme de l'électricité glacée. Le rythme est à la fois plombé et bondissant. La voix éructe, bave, braille, pour finir brisée dans un caniveau empli de tessons de bouteille. "Dream Smotherer" est typiquement le genre de titre écrit par un maniaque de la tronçonneuse. Un titre furieusement rock, irrésistible et glauque. Le suivant, "Pleasure Race", est du même acabit. Un saccage en règle des neurones, un glaviot craché à l'existence même, un coup de pied aux tièdes et aux bien-pensants. C'est beau comme une émeute et ça nettoie aussi bien que le feu, et si jamais vous survivez à l'abrasivité de "Human Upskirt", il y aura peut-être encore de l'espoir. Quoique. La chanson "Spent" me hante littéralement depuis des semaines. Mais je ne peux m'empêcher de retourner me vautrer dans ce marécage visqueux et claustrophobe.
Je pourrai continuer longtemps, tout l'album me retourne et me fait vibrer.
Et donc, si jamais vous ressentez le besoin de vous faire triturer la tripaille, "King of Jeans" est fait pour vous. Assurément l'un des meilleurs disques de cette année.

Par Max - Publié dans : Albums
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /2009 16:44


Lightning Dust est le side project de Amber Webber et Josh Wells de Black Mountain. A l'instar des Pink Mountaintops, groupe du chanteur des Black Mountain et auteur d'un album sublime cette année (chronique repoussée encore et encore pour je ne sais quelle raison), la musique s'éloigne sensiblement des envolées électriques Sabbatiennes pour proposer une atmosphère plus calme et plus mélodique.
Sur ce nouvel album, on découvre une musique légère et mélancolique faisant la part belle à la voix lunaire et caressante d'Amber Webber. Si plusieurs écoutes sont nécessaires pour se familiariser avec son vibrato de rossignol, l'effort vaut la peine.
Rapidement, on est plongé dans un brouillard doux amer où il ne fait ni froid, ni chaud, et ou l'on se plait à se laisser flotter la tête vide et le cœur léger.
L'apparente fragilité de l'ensemble ne doit pas faire oublier la qualité des chansons. On se surprend facilement à être hanté des jours durant par des titres comme "Dreamer" ou "Never Seen" sans qu'il ne nous soit possible de se souvenir d’où ils viennent. Entre folk automnale et électro champêtre, les mélodies enchantent et charment avant de laisser l'esprit retrouver le corps.
J'ai découvert cet album en parcourant les Highlands et ce sont ces paysages que je vois lorsque je le réécoute. J'éprouve cette sensation de grandeur et de mystère en sachant pertinemment que mes yeux (et mes oreilles) ne peuvent véritablement saisir ce qu'il se passe. De là à parler d'une musique de voyage il n'y a qu'un pas… que je ne franchirai pas.
Néanmoins, il s'agit d'un album en tout point attachant, qui révèle une fois de plus les talents impressionnants qui composent les Black Mountain. Une excellente surprise.


Par Max - Publié dans : Albums
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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 14:23


Il y a toujours des concerts que l'on attend plus que d'autres. Des groupes qu'on aime plus que les autres… Il y a aussi toujours des moments de profonde déception, quand l'objet de notre admiration devient trop réel, trop fragile, pas vraiment à la hauteur du rêve qu'on s'en ai fait.
Quand ça arrive, on se sent tout con, comme après un râteau… On a envie de rentrer chez soi et de ne plus jamais en ressortir, souillé par une humiliation dont on est les seuls responsables.
Ce sont des choses qui arrivent trop souvent… mais évidemment, ça n'arrive pas avec White Denim… ça n'arrive pas avec le meilleur groupe de l'univers du monde intersidéral.
Je l'attendais ce concert au Point Ephémère. Putain oui. La salle était parfaite, le public semblait chaud, et forcément c'était des gens bien. Le groupe ne mit pas longtemps à mettre tout ce beau monde dans sa poche en attaquant son set par l'inénarrable "Don't Look That Way At It", histoire de ne laisser aucun doute sur leurs intentions machiavéliques. Ce n'est pas moins de cinq ou six titres de "Workout Holiday" qui sont enchaînés pied au plancher, sans la moindre pause, dans un tourbillon infernal de décibels tranchants et hystériques. Les texans ont fait preuve d'une virtuosité et d'une intensité rarement vues par votre serviteur. Mention spéciale à Josh Block qui massacra sa batterie tout le long avec une classe digne des meilleurs batteurs de jazz. Le meilleur batteur qu'il m'ait été donné de voir tout simplement. Les deux albums y passeront, quasiment dans leur intégralité, avec ça et là quelques b-sides bien choisies. On aura droit à tous les classiques, "Shake Shake Shake", "I Start to Run", "Let's Talk About It", "Syncn" etc., ainsi qu'à une version titanesque de "All Consolation".
Un morceau commence, et ne sera jamais terminé, suivi instantanément par un autre puis un autre, sans que l'on puisse reprendre notre souffle. James Pettrali est en transe, il triture sa guitare comme si elle lui avait piqué sa femme. Steve Terebecki pose un groove irrésistible et fait en sorte que les choses ne dérapent pas trop loin. Trois pistoleros de l'impossible qui ne s'embarrassent de rien et qui à eux seuls rendent au Rock & Roll ses lettres de noblesse.
Si Dieu vomit les faibles, il le fait en portant un t-shirt de White Denim, y'a pas de doute.
A aucun moment la tension n'est redescendue. Les White Denim ont livré le set parfait, et personne n'a trouvé à redire sur le fait qu'il n'y ait pas eu de rappel. Il n'y aurait pas pu en avoir, tout a été dit et c'était très bien comme ça. Ok, on en veut toujours plus, mais ce soir-là je suis sorti de la salle comblé, crevé et émerveillé. Pas déçu le moins du monde.
On dit souvent, pour je-ne-sais-quelle raison, que le public parisien est moisi. Ce soir là, il fut à la hauteur de l'événement, présent à tout moment, chaud bouillant, extatique… normal, avec White Denim. Il fallait voir l'ovation que le groupe a reçu quand il sortit de la salle. Espérons que ça leur donnera l'idée de revenir rapidement pour un autre concert aussi exceptionnel que celui-là.


Par Max - Publié dans : Concerts
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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /2009 19:23

Les White Denim viennent enfin d'annoncer une date à Paris. Ce sera le 9 septembre au Point Ephémère.
Par Max - Publié dans : News
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /2009 23:38


Un an a passé depuis ma découverte du premier album de White Denim. Une année durant laquelle ma fascination pour les tribulations électriques du trio texan a atteint une dimension insoupçonnable et qui n'en finit plus de saouler mon entourage.
Aujourd'hui que le nouveau-né, "Fits", sort dans les bacs, je me vois contraint d'écrire ces lignes la bave aux lèvres, l'œil hystérique, la virilité dure et orgueilleuse.
A l'instar de son prédécesseur, le nouvel album ne couche pas le premier soir. Il convient de l'apprivoiser, de lui tenir la porte, de l'écouter parler en se montrant absorbé… (soupir)… C'est à lui de décider du bon moment où il se mettra à nu et où il consentira enfin à nous montrer les étoiles (et la lune) dans une explosion divine de lucidité et de plénitude béate.
Plus concrètement, une fois de plus, on se retrouve immergé dans un ouragan d'influences et de références retraçant soixante années de rock & roll en tout genre. Il est difficile de tout suivre tant on a l'impression d'être une balle de flipper rebondissant du MC5 à Radiohead en passant par les délires folkisant du Elephant 6, et j'en passe…
Le disque se divise en deux parties comme au bon vieux temps du vinyl. La première est clairement la plus rock avec en entrée le magistral "Radio Milk How Can You Stand It". Après une intro bruitiste, la basse de Steve Terebecki se présente, énorme et fière, ronde comme le cul d'une pute de Tijuana, juste à temps pour prévenir l'arrivée furibarde du déluge guitaristique de James Petralli, et les kicks sous acide de Josh Block. On voit tout de suite que le son est plus imposant que sur "Workout Holidays", les intentions sont plus précises et le groupe maîtrise mieux son sujet. Cette impression se confirmera tout au long du disque. Pour autant, on pourra regretter que la sensation de spontanéité soit moins évidente. Mais c'est le lot de tous les deuxièmes albums, et le final grandiose de ce premier titre nous fera vite oublier ce petit désagrément.
On enchaîne ensuite avec "All Consolation" et "Say What You Want" qui se dégustent comme des cocktails flambés au funk et au punk, en hors d'œuvre, avant le terrifiant "El Hard Attack DCWYW". Un titre coup de boule avec chant enragé en espagnol, guitares supersoniques, basse massive, batterie hélicoptère et en arrière plan, un vieux relent de glam rock, insupportable d'ordinaire, indispensable dans le cas présent.
"I Start to Run" est le premier single tiré de l'album, et ça se comprend. Tout y est catchy et séduisant… le genre de chanson que tout le monde aime hurler en chœur dans les salles de concert sombres et à moitié vides.
La première partie est maintenant derrière nous, en guise de transition, les White Denim nous proposent "Sex Prayer", un morceau instrumental évoquant aussi bien June of 44 que les Doors. A partir de là, les choses se calment sensiblement et on pénètre dans un univers bizarre où l'on croit entendre du free jazz et de la country sur des rythmes bossa-nova psychédéliques. Le plus étrange dans tout ce foutoir reste l'apparente facilité avec laquelle les atmosphères s'enchaînent. Si l'on voyage dans "Mirrored and Reverse" comme nageant sous hypnose, on respire "Paint Yourself" avec les yeux grands ouverts et le soleil qui tape sur notre nuque. Des mélodies imparables qui conjuguent modernité et désuétude, avec une aisance surprenante. "I'd Have It Just The Way We Were" nous fait immanquablement penser au magnifique (et sous-estimé) "Bryter Lyter" de Nick Drake et, pour sur, on ne s'attendait pas à voir White Denim évoluer dans ce registre. Néanmoins, à ce stade du disque, le constat est sans appel : ils ont tout compris.
Quand la batterie, la basse, puis la guitare de "Everybody Somebody" se font entendre, on ne parle déjà plus la même langue. Nous voilà encore partis sur un chemin sinueux, plus indie et plus virulent, avec un Petralli en roue libre, chaud bouillant pour un "Regina Holding Hands" qui commence comme du Elliott Smith et finit comme du Evil Superstars en robe de soirée kitch.
La fin du disque ne sera pas plus intelligible avec le troublant "Syncn". Un titre sombre et aérien dans lequel l'ombre de Thom Yorke flotte un moment avant de se faire piétiner.
Voilà, le disque est terminé, et le temps est venu de tirer les conclusions qui s'imposent. Indéniablement, les White Denim ont réussi un coup de maître magistral en faisant oublier l'espace d'un instant leur magnifique premier album. Sans aller jusqu'à dire qu'ils en ont pris le contre-pied, ils s'en sont suffisamment éloignés pour ne pas paraître redondants. A l'heure actuelle, c'est un exploit.
Chacun des membres est devenu un meilleur musicien. Le chant de James Pettrali s'est considérablement affirmé et son jeu de guitare est plus redoutable que jamais. Le travail de Josh Block au niveau du son et des arrangements est exceptionnel. Il enrichit considérablement la musique et crée un code couleur unique, très personnel et inimitable. Malgré leur côté "recycleur de génie", ils gardent tout au long du disque une identité forte et intransigeante. A ce titre, ils apparaissent aujourd'hui comme un groupe réellement incontournable à mes yeux. 

Par Max - Publié dans : Albums
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /2009 19:52

En attendant la sortie de leur nouvel album la semaine prochaine, voici le nouveau single de White Denim, "I Start to Run".
En bonus, "Mirrored & Reverse".

Edit : L'album est en écoute ici.
Par Max - Publié dans : News
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